samedi 6 octobre 2007

Sur l'immatérialité de l'âme

Y a-t-il moyen de montrer la preuve de l'immortalité de l'âme et de l'existence de l'immatériel ? Nous pensons que oui. Pour se faire, il convient d'étudier l'intelligence humaine. Qu'est-ce que l'intelligence humaine ? Pour le savoir, il faut étudier la différence avec la sensation. Boèce disait qu'une chose est singulière quand elle est sentie, universelle quand elle est pensée. On peut le voir avec l'exemple d'un homme. Si je vois un homme, je peux dire sa date de naissance, son âge, le lieu où il habite, etc. C'est ma sensation qui va me permettre de saisir cet homme. Cependant, mon intelligence peut comparer cet homme avec un chat. Or, elle est en mesure de former un concept commun entre les deux, qui est le concept d'animal et qui se définit comme un vivant doté de sensations. Il est impossible de rencontrer le concept d'animal. Je peux rencontrer différentes espèces d'animaux, mais non pas une espèce qui serait uniquement animal. Le concept d'animal est ainsi un universel. Une chose est universelle quand elle est pensée. Ce concept d'animal se base pourtant sur la réalité. Il n'est pas arbitraire. Je ne pourrais pas dire, par exemple, que tous les animaux sont bruns, car cela serait faux. Il faut que mon intelligence saisisse l'essence de ce qu'est un animal. On peut prendre un autre exemple pour le savoir. Si j'ai un plan incliné, un tourne-vis et une poulie, il existe un principe commun à ses trois instruments. Or, il faut l'utilisation de l'intelligence humaine pour découvrir le principe à la base de ses trois instruments. Ce principe va être le cercle. Pour saisir ce qu'est un cercle ou ce qu'est un triangle, sans l'imagination, il faut également utiliser notre intelligence. Nous voyons donc que l'intelligence est en mesure de saisir ce qui est universel. Or, la matière est singulière. Il n'existe rien d'universel dans la matière. Cela fait en sorte que tout ce qui est universel est immatériel. À partir de là, on peut montrer que la volonté humain existe et que le déterminisme est une absurdité. On peut également montrer que l'âme humaine doit être immortelle.

Pierre-Nicolas

3 commentaires:

Julien a dit…

À partir de où?

Tu fais une conclusion incorrecte quand tu établie une relation avec de «saisisage»!

l'intelligence est en mesure de saisir ce qui est universel

« saisir » n'a rien rien de divin! C'est une question simple d'opérations logiques. On établi les attributs d'un objet. Si on compare deux objet et qu'il n'ont pas les mêmes attributs, alors ils sont différents. Que ça soit un objet réel ou irréel, lors de son traitement dans notre cerveau, cet objet est traité au même titre que nos ordinateurs d'aujourd'hui. Tout cela est d'ordre mathématique et cela n'a rien de divin. Ceci implique le déterminisme.

Donc ton argumentation ne tiendrait seulement si les mathématique n'exiterait pas hors pensé. La terre exploserait demain matin, la logique mathématique serait toujours intactes. Prends une pomme maintenant, regarde là, concoit que si tu disparaitrait, cette pomme aurait toujours la propriété d'être seul. Que tu le constate ou pas, cette propriété demeure et est indépendate de ta pensée.

Pierre-Nicolas a dit…

Cher Julien,

1. Tu parles premièrement de "saisir". Tu dis que cela n'a rien de divin. Or, où ai-je parlé que l'intelligence humaine étai divine ? Je suis bien d'accord avec toi, elle n'est pas divine.

Ensuite tu dis, que c'est une opération logique. Je suis bien d'accord avec toi, car c'est la première opération de la logique. Mais justement, cette opération traite des universaux. Il faut étudier attentivement cette opération pour voir comment elle saisit les universaux, et cela se fait par la psychologie. Ensuite, tu dis que l'objet est nécessairement traité par notre cerveau. Or, cela reste à prouver. Si l'intelligence saisit vraiment un universel, cela ne peut pas être traité par le cerveau. Le cerveau va être utilisé, car l'imagination va être utilisée et celle-ci utilise le cerveau, mais cela ne prouve rien de plus. Il faut étudier plus en profondeur cette opération logique. Tu dis ensuite que cet objet est traité au même titre que nos ordinateurs d'aujourd'hui. Je veux bien. Explique-moi comment ? Tu dis ensuite que c'est d'ordre mathématique. Je veux bien, mais qu'est-ce que les mathématiques ? Celles-ci implique justement une abstraction de la matière si on les étudie en profondeur. Ensuite, tu parles de déterminisme. Je ne vois pas du tout le lien, car c'est un tout autre problème.

Je ne comprends pas le reste de ta réponse. Pourquoi mon argumentation tiendrait alors ? Si je comprends bien, tu dis que mon argumentation est valide si les mathématiques n'existaient pas hors de la pensée. Or, ce n'est pas du tout évident de savoir si les mathématiques existent vraiment hors de la pensée. Tu parles ensuite d'une pomme. Mais une pomme n'est pas du tout un objet mathématique. As-tu déjà vu un cercle parfait ou le nombre Pi dans la réalité ?

Tu dis ensuite que la pomme existerait si je n'existais pas. Je veux bien. Mais qu'est-ce que cela change ? Je peux toujours me former un universel pomme, qui est indépendant de l'existence d'une pomme singulière. Je ne vois pas le lien avec le reste de l'argumentation.

Anonyme a dit…

Pierre-Nicolas, qui inclus le "nous" dans ton message? Probablement pas Julien du moins...

Platon s'y prendra différemment pour démontrer la même chose:

"Toute âme est immortelle; car ce qui est toujours en mouvement est immortel; mais l’être qui en meut un autre et qui est mû par un autre, au moment où il cesse d’être mû, cesse de vivre; seul l’être qui se meut lui-même, ne pouvant se faire défaut à lui-même, ne cesse jamais de se mouvoir, et même il est pour tous les autres êtres qui tirent le mouvement du dehors la source et le principe du mouvement. Or un principe ne peut prendre naissance, car il faut admettre nécessairement que tout ce qui naît naît d’un principe, mais que le principe ne peut naître absolument de rien; car, si le principe naissait de quelque chose, il ne serait plus principe. Mais, parce qu’il n’a point eu de naissance, il ne saurait non plus avoir de fin; car, si le principe périssait, jamais lui-même ne pourrait renaître de rien, et rien ne pourrait naître de lui, s’il est vrai que tout doit naître d’un principe. Ainsi l’être qui se meut lui-même est le principe du mouvement, et cet être ne saurait ni périr, ni naître; autrement, le ciel tout entier et toute la génération des êtres tomberaient et s’arrêteraient, et ne retrouveraient plus jamais de quoi se mouvoir et renaître. L’immortalité de l’être qui se meut lui-même étant démontrée, on n’hésitera pas à reconnaître que le mouvement même est l’essence et l’idée même de l’âme; car tout corps qui tire son mouvement du dehors est inanimé; celui qui le tire du dedans, c’est-à-dire de lui-même, a une âme, puisque la nature de l’âme consiste en cela même. Mais s’il est vrai que ce qui se meut soi-même n’est pas autre chose que l’âme, il s’ensuit nécessairement que l’âme n’a pas eu de commencement et qu’elle n’aura pas de fin."

Platon, Phèdre, 245c-246a

Est-ce que c'est convainquant?