Mais ce qui me questionne c'est pourquoi Ultramar ne refilera t'elle pas la facture aux consommateurs? Au non, de quelle logique assumerait-elle les coûts de la taxe, est-ce un marché en concurrence parfaite? Je ne crois pas. Béchard n'est pas idiot, il sait très bien que c'est le consommateur qui va payer la facture.
Mais bon c'est la routine... Béchard ne peut pas dire: On taxe les pétrolières qui, d'une manière ou d'un autre, va vous être refilée au consommateur!

Le ministre Claude Béchard en appelle au sens civique de la pétrolière Ultramar pour qu'elle renonce à refiler aux consommateurs sa contribution au Fonds vert du gouvernement Charest.
En point de presse mardi à l'Assemblée nationale, le ministre des Ressources naturelles a répliqué à la direction d'Ultramar qui a menacé la veille, dans une lettre expédiée au premier ministre Jean Charest, de transférer aux automobilistes la nouvelle «taxe verte» sur l'essence.
M. Béchard a fait valoir qu'Ultramar, à l'instar des autres pétrolières, a amplement les moyens d'assumer la redevance de 0,8 cent le litre qui lui est imposée en vertu du projet de loi 57 pour financer le Fonds vert.
«Le 0,08 $ dont on parle, lorsque l'on tient compte de l'ensemble des profits des pétrolières, je ne pas sûr que ça équivaut à leur budget de marketing et leur budget de publicité», a dit le ministre, à l'issue de la période de questions.
Du reste, comme les autres acteurs de l'industrie, les pétrolières ont le devoir civique de «faire leur part» pour la sauvegarde de l'environnement, a ajouté M. Béchard.
Il s'est dit peu surpris par la réaction d'Ultramar.
«C'est sûr et certain que, pour une pétrolière, un raffineur au Québec qui nous voit arriver avec un plan vert, qui nous voit arriver avec le principe du pollueur-payeur, qu'on se tient debout là-dessus et qu'on fait preuve de courage parce qu'on est les seuls en Amérique du Nord à le faire, c'est sûr qu'ils ne nous envoient pas des lettres pour nous féliciter. A la base, il ne faut pas oublier que les gens n'en voulaient tout simplement pas de cette redevance-là», a-t-il fait remarquer.
Plutôt que de menacer les consommateurs de leur refiler une facture supplémentaire, les pétrolières devraient plutôt tenter de redorer leur blason en misant sur leur engagement en faveur de la protection de l'environnement, a poursuivi M. Béchard.
«J'ai toujours «appelé» les pétrolières à la chose suivante: tout le monde se prétend vert, tout le monde est bien content de dire qu'ils ont de beaux programmes verts, (...) alors, s'il y a une belle publicité à faire, qu'ils disent aux Québécois qu'ils vont faire leur part pour l'environnement, qu'ils vont participer au plan vert et qu'ils vont participer à l'effort qu'on fait tout pour améliorer notre situation au niveau des changements climatiques», a-t-il dit.
Du reste, le gouvernement ne peut empêcher les pétrolières de vouloir faire assumer aux automobilistes le coût des redevances sur les hydrocarbures, a fait comprendre le ministre. A cet égard, a-t-il dit, ce sont les consommateurs qui auront le dernier mot.
«On verra leur ouverture d'esprit, mais les Québécois jugeront aussi. Si, demain matin, eux autres ü les géants du pétrole ü disent franchement et ouvertement qu'ils vont le charger (le Plan vert) à tous les Québécois, (...) les Québécois jugeront», a-t-il conclu.

